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La Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition du G8 et AGRA critiquées par des dizaines d'organisations de la société civile

Lancée lors du Sommet de Camp David, la « Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition » est un partenariat entre le G8, l’Union africaine, le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), son Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA), des gouvernements africains et près d’une centaine d’entreprises
nationales et internationales.

En lançant la Nouvelle Alliance en juin 2012, le G8 affichait l’objectif de promouvoir la sécurité alimentaire en Afrique en encourageant des investissements accrus de multinationales dans 6 pays test en Afrique subsaharienne.

Derrière cette volonté affichée, de nombreuses organisations de la société civile décèlent des préoccupations d’ordre plutôt économique : ouvrir de nouveaux marchés aux entreprises des pays du G8, tout en accélérant « un peu plus les accaparements de terres ».

Déjà en mars 2013, l’ONG GRAIN dénonçait cette Nouvelle Alliance (voir notre ’actu’ à ce sujet).

Pour GRAIN et de nombreuses autres organisations, la Nouvelle Alliance et l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) visent les mêmes objectifs : « Tous deux s’appuient sur des partenariats public- privé : les grandes entreprises multinationales (...) décident des programmes, et les États (...) et les institutions prétendument philanthropiques (...) mettent en place les mécanismes institutionnels et les infrastructures permettant de réaliser ces programmes ».

Lien  : « À qui profite la modernisation de l’agriculture africaine ? Déclaration de la société civile en Afrique » (17/05/13).

Avant le sommet du G8 de Lough Erne (17 et 18 juin 2013), Oxfam France qualifiait cette approche de celle d’un G8 « canal historique » qui défend ses seuls intérêts.

Lien : Le Huffington Post, « Quel visage du G8 à Lough Erne ? » (17/06/13).

La CIDSE et l’Alliance oecuménique « Agir ensemble » remettent de surcroît en cause la légitimité du G8 à agir sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle, puisqu’existe le Comité de la Sécurité Alimentaire Mondiale des Nations unies (CSA).

Lien : « À qui profite l’Alliance ? Le G8 et l’émergence d’un régime d’entreprise mondial pour l’agriculture » (06/05/13).

Pour 57 organisations d’agriculteurs et de la société civile de 37 pays, on assiste avec cette initiative et d’autres à « une nouvelle vague de colonialisme ».

Lien : « Sommet de la faim : la société civile africaine rejette l’initiative du G8 » (03/06/13).

Peut-être en réaction à ces critiques, la Nouvelle Alliance s’est dotée d’un nouvel objectif : promouvoir la « transparence foncière ».

Lien  : un article de l’USAID à ce sujet, qui offre en outre des liens vers les cadres de coopération avec les 9 pays africains concernés (en Afrique de l’Ouest : le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Bénin) : « New Alliance Ties Food Security to Improved Land Governance » (05/09/13).

Cette nouvelle initiative sur la transparence foncière est elle-aussi critiquée.

Des organisations de la société civile française militent pour une mise en œuvre préalable et systématique des Directives Volontaires pour une gouvernance responsable de la terre, des pêches et des forêts (voir notamment une de nos ’actus’ à ce sujet : Adoption des directives volontaires de la FAO : "une avancée considérable" ou "un pas modeste" ? Revue du web).

Lien : « Le G8 et sa Nouvelle Alliance : une menace pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique ? » (04/06/13).

C’est également la position exprimée par plusieurs dizaines d’organisations dans un communiqué international qui « rejettent et condamnent fermement l’initiative pour la transparence, proposée par le G8 », qui n’a « aucune légitimité démocratique pour décider sur le foncier ».

Lien : « Communiqué international : Le G8 doit mettre en œuvre les Directives sur la gouvernance foncière du CSA au lieu de lancer une nouvelle initiative pour augmenter la transparence des transactions foncières » (15/05/13).

Enfin, face au rôle accru joué par le secteur privé dans le développement, Inter-Réseaux a publié un bulletin de synthèse sur le sujet : « Coopération pour le développement agricole en Afrique : Le rôle des entreprises et des fondations privées » (06/09/13).

Veille de la Commission de l’UEMOA avec le support technique du Hub Rural

Crédits: AK-Project